Activités Héraklion

Héraklion en une demi-journée : ce qu’il faut ne manquer sous aucun prétexte lorsque le temps est compté

La capitale de la Crète est une ville animée, pas une simple carte postale — mais si vous lui consacrez quatre bonnes heures, elle vous le rendra bien.

Permettez-moi de dire ce que les visiteurs murmurent et que les habitants savent déjà : Héraklion n’est pas une jolie ville. Elle a été rasée par les bombardements en 1941, reconstruite à la hâte, et son béton en témoigne. Les gens arrivent en s’attendant à retrouver le charme romantique du port vénitien de La Canée et repartent en qualifiant ma ville d’« aéroport encombré par la circulation ».

Ils ont tort — mais seulement d’une demi-journée. Héraklion est une ville animée dotée d’un patrimoine exceptionnel : d’imposants remparts vénitiens, une forteresse sur le port, l’un des meilleurs musées d’Europe, ainsi qu’une culture gastronomique et du café qui s’adresse aux 150 000 habitants de la ville, et non aux croisiéristes. Consacrez-lui quatre heures bien remplies — une soirée à l’arrivée, une matinée au départ, une pause entre deux séances de plage — et vous en tirerez pleinement profit. Voici le programme d’une demi-journée que je propose généralement à mes visiteurs.

La version en une minute. La balade : le port de Venise et la forteresse de Koules → rue du 25 Avgoustou → place des Lions (arrêt « bougatsa ») → la rue du marché de 1866 → la cathédrale Agios Minas. Le incontournable : le musée archéologique — si vous ne devez visiter qu’un seul lieu en intérieur en Crète, c’est celui-ci (environ 12 € ; billet combiné avec Cnossos à environ 20 € — vérifiez les tarifs en vigueur). Mangez là où les rues se rétrécissent, pas là où le port scintille. À éviter lors d’une visite éclair : presque tout le reste.

La forteresse de Koules, de l’autre côté des amarrages des bateaux de pêcheLa fontaine Morosini et sa place en milieu de matinée
Les Koules après les bateaux de pêche, et les Lions une heure plus tard — une demi-journée suffit pour voir les deux, avec un café entre les deux

Le parcours, dans l’ordre

Commencez par le port vénitien, où la forteresse de Koules se dresse au-dessus de l’eau, comme si elle s’attendait encore à des ennuis. La promenade le long du brise-lames jusqu’à la forteresse est gratuite et vous permet de profiter de la plus belle lumière marine ; l’entrée (moyennant un petit droit d’accès) vaut le détour pour la vue sur la ville depuis les remparts. Depuis le port, remontez la rue du 25 août — l’ancienne grande avenue, désormais piétonne — en passant devant la loggia vénitienne et l’église Agios Titos, jusqu’à la place des Lions, dont la fontaine Morosini est le point de rendez-vous de la ville depuis quatre cents ans.

Ici, l’arrêt incontournable : la bougatsa. Cette pâtisserie au filo, fourrée à la crème pâtissière ou au fromage, servie tiède, saupoudrée de sucre et de cannelle, est le petit-déjeuner incontournable d’Héraklion, et le Kirkor, sur la place des Lions, est une véritable institution depuis des générations : asseyez-vous, commandez et observez l’animation de la place. De là, plongez dans la rue du marché de 1866 : herbes aromatiques, fromages, couteaux, babioles pour touristes et véritables achats s’entremêlent, tandis que les ruelles environnantes recèlent les petits établissements de raki et de mezzés où le marché vient se restaurer. Terminez votre balade à la cathédrale Agios Minas, l’une des plus grandes de Grèce, et — si vos jambes vous le permettent encore sur un kilomètre — parcourez un tronçon des remparts vénitiens jusqu’à la tombe de Kazantzakis, où l’auteur de « Zorba » repose sous sa propre épitaphe : « Je n’espère rien. Je ne crains rien. Je suis libre. » La plus belle vue sur la ville, la plus belle phrase qui s’y trouve.

La question du musée, expliquée en termes simples

Le musée archéologique d’Héraklion abrite pratiquement tout ce que le monde minoen a laissé derrière lui : les véritables fresques de Cnossos, les déesses serpentines, le disque de Phaistos, des bijoux en or qui feraient rougir un atelier moderne. Je l’ai déjà souligné dans le guide de Cnossos et je le répète sans détour : le musée constitue la partie essentielle ; le palais en est le contexte. Si votre demi-journée comprend 90 minutes de visite en intérieur, passez-les ici (entrée environ 12 €, billet combiné pour Cnossos environ 20 € — vérifiez les tarifs en vigueur ; les matins et les fins d’après-midi sont les moments les plus calmes, contrairement aux midis envahis par les croisiéristes). Si les musées ne sont vraiment pas votre tasse de thé, la promenade qui mène au site justifie à elle seule le déplacement.

Manger et prendre un café, comme on le fait en ville

La règle d’or : le front de mer fait payer la vue, les ruelles font payer la cuisine. Pour le déjeuner, les ruelles qui partent de la rue du marché regorgent de tavernes populaires et de « mezedopoleia » où le raki est servi d’office. Pour le dîner, les restaurants haut de gamme de la ville, qui mettent à l’honneur les produits crétois — Peskesi est le célèbre fleuron de ce mouvement, pensez à réserver —, ainsi que les adresses décontractées du quartier de Lakkos, qui connaît un regain de vie, vous montreront ce que la ville mange lorsqu’elle veut se mettre en valeur. Et Héraklion vit au rythme du café, avec un niveau de qualité qui surprend les visiteurs : on trouve partout de véritables cafés de spécialité, et le freddo espresso fait partie intégrante du paysage urbain. S’arrêter dans un café sur la rue Korai ou autour des places n’est pas une pause dans l’itinéraire ; les habitants vous diront que c’est l’itinéraire lui-même.

Ce qu’il vaut mieux éviter quand on manque de temps, dit avec affection : le Musée d’histoire naturelle (intéressant, mais pas au détriment du Musée archéologique), les rues commerçantes que l’on retrouve dans toutes les villes européennes, et tout restaurant en bord de mer proposant un menu illustré et où un homme vous invite à entrer depuis l’extérieur — cette règle ne prend pas de jours de congé.

Héraklion est une ville qui mérite une demi-journée, mais à laquelle trop de gens ne consacrent aucune heure, ou pire encore, une journée entière passée dans la culpabilité. Parcourez le chemin qui mène du port à la cathédrale, dégustez une bougatsa, consacrez quatre-vingt-dix minutes au musée, savourez un café sans vous presser… et repartez avec l’impression d’avoir découvert une véritable ville qui n’a jamais prétendu être une carte postale. En venant du front de mer, le bus côtier vous dépose à quelques pas du port (détails sur les transports ici) ; si vous avez un vol en soirée, cette demi-journée est l’étape idéale avant de vous rendre à l’aéroport, situé à quinze minutes de là. Si vous disposez d’une voiture et d’un après-midi libre, le village d’Arolithos, construit spécialement à cet effet, se trouve à vingt minutes à l’ouest.

Photos de cette page : toutes deux prises par C. Messier (le Koules sous licence CC0, la fontaine sous licence CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons, redimensionnées pour le Web. Tout ce qui précède a été vérifié à la date indiquée en haut de ce guide. Personne ne paie pour figurer dans un guide — aucun commerce, aucun sponsor, aucune mention payée, jamais. Les publicités, là où elles apparaissent, sont signalées comme telles.

Réponses rapides
Que faire à Héraklion si vous ne disposez que d’une demi-journée ?

La promenade : le port de Venise et la forteresse de Koules, puis remonter la rue du 25 août jusqu’à la place des Lions pour déguster une bougatsa, s’engager dans la rue du marché de 1866, pour finir à la cathédrale d’Agios Minas — en prévoyant 90 minutes pour le musée archéologique si vous souhaitez visiter un site en intérieur en Crète.

Le musée archéologique d’Héraklion vaut-il le détour ?

C’est la partie essentielle de l’histoire minoenne — les véritables fresques de Cnossos, les déesses serpents, le disque de Phaistos — et le palais en constitue le cadre. Les matins et les fins d’après-midi sont les moments les plus calmes ; ce n’est pas le cas à midi, lorsque les croisiéristes affluent. Vérifiez les tarifs actuels des billets avant de vous y rendre.

Qu’est-ce que la bougatsa et où peut-on la déguster ?

La pâte filo fourrée à la crème ou au fromage, servie tiède avec du sucre et de la cannelle : le rituel incontournable du petit-déjeuner à Héraklion. Le Kirkor, sur la place des Lions, est une véritable institution depuis des générations : installez-vous, commandez et observez l’animation de la place.

Où manger lors d’un court séjour à Héraklion ?

Le front de mer vous séduit par sa vue, tandis que les ruelles vous séduisent par leur cuisine : dans les ruelles qui partent de la rue du marché, on trouve des tavernes populaires et des « mezedopoleia » où le raki vous est servi sans même que vous ayez à le commander. Et prévoyez un café tranquille dans votre programme — les habitants vous diront même que c’est là l’essentiel du programme.

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