Excursions Côte sud

Matala et la côte sud : une excursion d’une journée à découvrir en toute simplicité depuis le nord

Les célèbres grottes, le mythe hippie cinquante ans plus tard, Phaistos loin de la foule, et la boucle à travers la Messara : voilà ce qui fait de cette excursion la meilleure balade en voiture d’une journée entière.

Permettez-moi de briser ce mythe avant que vous ne fassiez une heure et quart de route pour le découvrir : le Matala des légendes — Joni Mitchell, les hippies vivant dans des grottes, la vie libre sous la lune crétoise — a disparu il y a environ cinquante ans. Ce qu’il en reste aujourd’hui, c’est un petit village balnéaire joyeux et résolument touristique qui vend le souvenir de tout cela sur des t-shirts. Si vous arrivez en vous attendant à découvrir une contre-culture, vous ne trouverez qu’un parking et une file d’attente pour les transats.

Et pourtant, je continue à y envoyer des gens, car la version « sans fioritures » suffit amplement : une crique véritablement saisissante, adossée à une falaise de grès percée d’anciennes grottes, une véritable plage de sable aux eaux limpides, et — c’est là l’argument décisif — un trajet en voiture à travers la plaine de Messara qui vous permet de découvrir deux ou trois des plus beaux sites de Crète en une seule journée, sans vous presser. En boucle, c’est la meilleure excursion d’une journée au départ de la côte Hersonissos–Stalis–Malia. Si vous vous contentez d’un pèlerinage à Matala, le trajet en voiture est long pour une simple baignade.

La version en une minute. Un circuit d’une journée complète, en voiture : traversez la chaîne montagneuse centrale de l’île jusqu’à la plaine de Messara (environ 1 h 15 à 1 h 30 dans chaque sens depuis la côte balnéaire), visitez le palais de Phaistos le matin, rendez-vous à Matala pour découvrir les grottes, vous baigner et déjeuner, puis passez par les ruines romaines de Gortyna ou la plage de Kommos sur le chemin du retour. Les grottes existent bel et bien et valent le détour ; l’époque hippie relève du patrimoine, pas de la réalité. Le petit plus de la côte sud : lorsque le meltemi souffle en rafales sur la côte nord, la mer est souvent calme par ici.

La falaise creusée de grottes au-dessus de la ligne des vagues à MatalaLa plage au pied des grottes, par un après-midi très animé
La falaise creusée de grottes au-dessus de la ligne des vagues, et la plage en contrebas, un après-midi de juillet

Le disque dur, et pourquoi son prix est deux fois moins élevé

Vous traversez l’île à l’un de ses points les plus étroits : en partant d’Héraklion, vous passez par Agia Varvara, franchissez la ligne de partage des eaux, puis descendez vers la Messara — cette vaste plaine agricole qui nourrit le centre de la Crète depuis l’époque minoenne. Des oliveraies à perte de vue, des villages de montagne accrochés aux versants, et une sorte de normalité crétienne « au quotidien » que la côte nord ne laisse pas transparaître. Les routes sont en bon état selon les normes de l’île. En voiture de location, le trajet est facile ; sans voiture, il existe des circuits organisés en autocar au départ des stations balnéaires, mais ceux-ci vous imposent un horaire rigide alors que le but est justement de pouvoir flâner à votre guise.

Phaistos d’abord, et l’hérésie silencieuse

Profitez de la fraîcheur matinale pour visiter les sites archéologiques, et découvrez Phaistos — le deuxième plus grand palais minoen de Crète, qui s’étend au sommet d’une colline offrant une vue imprenable sur toute la plaine de Messara. Voici maintenant l’idée audacieuse que j’avais à demi évoquée dans mon guide sur Cnossos et que je vais développer ici : beaucoup de personnes qui visitent les deux sites préfèrent Phaistos. Il accueille une fraction des visiteurs de Cnossos, ne comporte pratiquement aucune reconstruction en béton et bénéficie d’un cadre que Cnossos ne peut égaler. Ce qui lui manque, c’est le côté spectaculaire de la mise en scène : moins de panneaux explicatifs, moins de colonnes reconstruites pour stimuler votre imagination. Si vous avez déjà visité le musée d’Héraklion, Phaistos vous récompensera en toute discrétion. Le prix d’entrée s’est toujours situé à moins de dix euros ; vérifiez les tarifs en vigueur et les horaires d’été avant votre visite.

Gortyna, à vingt minutes à l’est, constitue une bonne deuxième étape, que ce soit maintenant ou au retour : une capitale provinciale romaine nichée au milieu des oliveraies, avec un odéon et le célèbre code de lois gravé dans la pierre. Une demi-heure suffit pour l’apprécier à sa juste valeur.

Matala en soi, pour être honnête

Garez-vous sur le grand parking payant (qui affiche complet en fin de matinée en haute saison), marchez deux minutes, et vous y êtes : la crique, la falaise, les grottes. Ces grottes sont véritablement anciennes — creusées pour servir de tombes à l’époque romaine et paléochrétienne, puis squattées bien plus tard par les routards les plus photographiés au monde — et vous pouvez les explorer en franchissant la partie clôturée moyennant une modique somme, ou tout simplement les admirer depuis votre serviette. La plage est de sable, en pente douce, aménagée de transats, et l’eau y est limpide, avec parfois un courant frais et rafraîchissant. Le village se compose de deux rues bordées de tavernes et de boutiques qui ont conservé toute l’ambiance chaleureuse des années 1970. Le déjeuner en bord de mer est très bien, à un prix à la hauteur de la vue ; la rue juste derrière est plus calme.

Si la foule à Matala vous déçoit, deux alternatives s’offrent à vous : Kommos, à dix minutes au nord, une longue plage de sable plus sauvage avec un site portuaire minoen clôturé à son extrémité et bien moins de monde au mètre carré ; ou encore la Plage Rouge — un sentier rocailleux de 20 à 30 minutes qui longe le promontoire depuis Matala, pour lequel des chaussures adaptées sont indispensables, mais qui vous récompensera par une petite crique semi-sauvage qui a conservé un soupçon de cette liberté d’antan (et, attention, certains visiteurs s’habillent en conséquence).

Faire en sorte que la journée se passe bien

Quittez la côte entre 8 h 30 et 9 h. Phaistos vers 10 h, Matala vers midi pour la baignade et le déjeuner, Kommos ou Gortyna en milieu d’après-midi, puis retour par les montagnes en début de soirée : voilà une journée bien remplie mais sans précipitation. Prévoyez de l’eau et un chapeau pour les sites touristiques, de l’argent liquide pour les petits droits d’entrée et le parking, ainsi que votre équipement de baignade, bien sûr. Une remarque saisonnière qui mérite d’être rappelée, tirée du guide mensuel : les jours où le vent du nord rend votre plage habituelle impraticable, la côte sud est souvent parfaitement calme. Les habitants de la région se réfugient sur la côte sud pour échapper au meltemi ; vous pouvez en faire autant.

Allez-y — mais partez à la découverte du circuit, pas de la légende. Phaistos le matin, les grottes et une baignade à midi, puis Kommos ou Gortyna : cette journée n’a rien à envier à aucune autre sur cette île. Matala est à elle seule une crique agréable et animée, porteuse d’une histoire vieille de cinquante ans. Si vous n’avez pas de voiture et que l’emploi du temps d’un circuit en autocar ne vous tente pas, passez plutôt votre journée à l’est : le circuit d’Agios Nikolaos offre davantage de découvertes au kilomètre.

Photos de cette page : les grottes par Jebulon (CC0, mise dans le domaine public) et la plage par Marc Ryckaert (CC BY 3.0), via Wikimedia Commons, redimensionnées pour le Web. Tout ce qui précède a été vérifié à la date indiquée en haut de ce guide. Personne ne paie pour figurer dans un guide — aucun commerce, aucun sponsor, aucune mention payée, jamais. Les publicités, là où elles apparaissent, sont signalées comme telles.

Réponses rapides
Matala vaut-elle le détour ?

Dans le cadre de la boucle de Messara, oui — Phaistos le matin, les grottes et une baignade à midi, puis Kommos ou Gortyna : cela constitue l’une des journées les plus riches à passer sur la côte nord. Si c’est uniquement pour un pèlerinage à Matala, le trajet en voiture est long pour une simple baignade ; l’époque hippie relève du patrimoine, pas de la réalité.

Peut-on visiter les grottes de Matala ?

Oui — sculptées comme des tombes à l’époque romaine et paléochrétienne, vous pouvez y monter dans la partie clôturée moyennant une modique somme, ou tout simplement les admirer depuis votre serviette, sur la plage en contrebas.

À quelle distance se trouve Matala des stations balnéaires de la côte nord ?

Comptez environ 1 h 15 à 1 h 30 par trajet en voiture depuis la côte de Hersonissos–Stalis–Malia, en passant par la ligne de crête de l’île pour rejoindre la plaine de Messara. Une voiture de location vous permettra de profiter pleinement de la journée ; il existe certes des circuits organisés en autocar, mais ceux-ci vous imposent un horaire rigide.

Et si Matala était trop bondée ?

Kommos, à dix minutes au nord, est une plage de sable plus longue et plus sauvage, où l’on trouve bien moins de monde au mètre carré. La « Red Beach » est accessible par un sentier rocailleux de 20 à 30 minutes qui longe le promontoire — des chaussures adaptées sont indispensables — et mène à une petite crique semi-sauvage qui a conservé un petit air de liberté d’antan.

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